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Réalisation d'un roman-photo numérique avec une classe de quatrième

pédagogie

 Réalisation d’un roman-photo numérique avec une classe de quatrième (Elisabeth Giral, professeur de Français - collège Desaix).

Une double initiative est à l’origine de ce projet : permettre aux élèves de produire une œuvre collective et introduire la pratique des tablettes numériques en classe de français.

Chaque année, Mme Karine Fridman, documentaliste au CDDP 65, propose aux collégiens de participer à des prix littéraires. Au « Pris par le polar », sont associées de nombreuses activités telles que rencontres, animations, expositions... mais surtout un concours de roman-photo numérique policier. Le cadre est alors trouvé. La réalisation de ce projet avec les tablettes à l’échelle d’une année scolaire permet l’utilisation d’un support pédagogique innovant, qui offre la possibilité d’intégrer l’usage des Tices dans l’enseignement du français en classe de quatrième.

Objectifs

Lancer les élèves dans la réalisation d’un roman-photo est avant tout l’occasion de les rendre acteurs ou réalisateurs de l’histoire inventée collectivement. C’est aussi une incitation à la lecture cursive de récits policiers, le prix littéraire étant composé d’une sélection de cinq romans de littérature de jeunesse autour du polar. De plus, l’écriture du scénario en amont a pour finalité une mise en scène sous forme de photos, ce qui implique de maîtriser le langage d’évocation (définir les personnages, les lieux du délit, les événements passés, présents ou imaginaires par exemple), ainsi que la lecture d’image (des notions comme la composition de l’image dans les arts visuels tels que la bande dessinée ou le cinéma, les techniques de prises de vue dans la photographie, la relation texte/image sont des ancrages nécessaires pour aboutir le projet). Enfin, la manipulation de la tablette numérique et de logiciels d’assemblage répond aux exigences présentes au sein du B2i.

 

Cadrage

Le travail d’élaboration du roman-photo s’est déroulé sur une grande partie de l’année scolaire, à savoir de novembre à avril, la date de clôture du concours ayant été fixée au 27 avril 2012. L’enchaînement des séances s’est donc inscrit comme une séquence parallèle, intégrée dans la progression annuelle. Les séances ont été prévues selon un planning qui respectait les étapes propres à la réalisation de ce type de projet, à savoir :

  • La découverte de l’univers de la photographie (une rencontre avec le photographe Sylvain Marmer au CDDP a amorcé la notion du genre du roman-photo),

  • le cadrage et les objectifs du projet,

  • les pré-requis nécessaires (connaître les codes du polar, maîtriser les techniques de la bande dessinée),

  • le synopsis,

  • l’écriture du scénario,

  • le story-board (réalisé sous forme de tableau),

  • les prises de vue,

  • le traitement des images (retouches, mise en page, création des planches),

  • la finalisation du projet (relecture et envoie du fichier)

 

Utilisation de la tablette

Les tablettes ont été utilisées ponctuellement, individuellement ou collectivement lors des séances de travail en groupe, en fonction de l’étape où les élèves se trouvaient. Lors de l’étape de l’écriture du scénario, l’application « docs to go » a été utile pour compléter la grille qui contenait les informations similaires au story-board. Les prises de vue ont toutes été prises avec la fonction « appareil photo ». L’application « skitch » a donné la possibilité de compléter la grille du scénario d’une prévisualisation du montage des planches futures. Pour le montage, les élèves ont travaillé avec Gimp, Photo-filtre et le logiciel Comic Life.

La fonction Bluetooth a été employée à plusieurs reprises, soit au sein d’un groupe d’élèves pour se transmettre entre eux un fichier, soit pour envoyer le travail directement sur la tablette du professeur référent.

Enfin le port USB a facilité la récupération des photos prises par les différents « photographes » de la classe.

L’ENT a servi de plateforme aux élèves pour déposer les documents utiles à la réalisation du travail (fiches « mots outils », « lois du genre », « synopsis », « grille pour élaborer le scénario »…). Il a permis également de collecter les documents qui avaient été préparés sur les tablettes par les élèves afin de les synthétiser en une version collective. Pour cela, une rubrique « roman-photo » a été créée dans l’espace de la classe.

 

Résultat

La production des élèves à donné lieu à un roman-photo policier intitulé Licenciement fatal, composé de 7 planches, envoyé sous la forme d’un fichier PDF en format A3.

 

Compétences évaluées

De nombreuses connaissances et compétences du socle commun sont sollicitées, notamment la compétence 1, « la maîtrise de langue française », que ce soit dans les domaines « lire », « écrire » ou même « s’exprimer à l’oral » (« participer à un débat, à un échange verbal » par exemple).

Toute la compétence 4, « la maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication » est également concernée par la réalisation d’un tel projet.

Mais il est aussi possible de se positionner sur des items de la compétence 5, « la culture humaniste », de la compétence 6, « Les compétences sociales et civiques » (« avoir un comportement responsable »), ou de la compétence 7, « l’autonomie et l’initiative » (par exemple « s’intégrer et coopérer dans un projet collectif »).

 

Retours sur l’utilisation de la tablette

Tout d’abord, l’intérêt de ce travail est de faire intervenir des enseignants de plusieurs disciplines (histoire-géographie, documentaliste). A cette interaction professeurs/élèves, s’ajoute l’intervention de nombreux autres membres de l’équipe éducative, à savoir l’administration du collège, M. Rouch, principal, et Mme Babé-Escoute, principale adjointe, qui autorisent et appuient le projet, les parents d’élèves qui ont donné leur accord, des AED, l’informaticien du collège, la documentaliste du CDDP. Voir l’investissement des élèves dans ce projet est déjà une réussite en soi, sans même tenir compte du résultat au concours. Dans tous les cas, la classe a réalisé collectivement et intégralement le roman-photo.

A travers cette création, les élèves se sont ainsi appropriés la tablette comme un outil de travail, et non pas seulement comme un « jeu » attrayant et interactif. Une réflexion sur le droit à l’image et sa diffusion, sur l’utilisation du numérique de façon responsable a été amorcée. La tablette peut donc être bien perçue comme une innovation pédagogique.

Mais il faut reconnaître que l’usage des Tice n’est pas sans écueils. Des imprévus comme des soucis techniques avec le logiciel Comic Life ou la manipulation encore récente de la tablette, ont rendu difficile le respect des délais. Cela a pour conséquence de donner parfois un sentiment d’urgence aux élèves, d’inquiétude à l’enseignant qui se rend compte que le volume horaire prévu initialement est insuffisant. De plus, l’enseignant n’est pas un « spécialiste » de l’informatique. La finalisation du projet n’aurait pas été possible sans l’aide extérieure du collègue référent Tice, M. Fabien Vergez, pour gérer les problèmes d’ordre technique, notamment par le biais d’une formation proposée au sein de l’établissement.

 

Conclusion

S’il paraît intéressant d’utiliser l’usage des Tice dans l’enseignement du français, il l’est tout autant de réfléchir sur les écueils que cette pratique peut entraîner, tant du point de vue des élèves que de l’enseignant. Cette expérience ouvre un ensemble d’interrogations qui doivent rester à l’esprit quant à l’utilisation de la tablette, et plus largement de tout outil numérique : faire appel à l’usage des Tice pour quel aspect du programme ? Quels sont les besoins ? Pour quelles attentes des élèves ? Sous la forme de quel support ?

Appréhender l’enseignement du français en intégrant les Tice nécessite une capacité d’adaptation d’une part, de pratique d’autre part. Face aux contraintes du numérique, l’enseignant doit se sentir prêt à s’investir personnellement pour maîtriser les techniques, et donc les intégrer au mieux dans les contenus de son enseignement. 


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par FABIEN VERGEZ le 14 mai 2012


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